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Lĭ Yun §3
Les rites sont-ils d'une telle urgence vitale?
Les rites (Lĭ) c'est ce qui permet aux anciens rois de seconder la voie du Ciel et d'ordonner les
sentiments (Qing) des êtres humains.
Celui qui perd cela de vue est un homme mort.
Le rat est bien doté de membres, un homme, comment peut-il être sans rites? Un homme sans rites Un homme sans rites ne ferait-il pas mieux de mourir
tout de suite.
C'est ainsi que les rites ne trouvent leur racine que dans le Ciel, Tian,, leur modèle que dans la Terre, Dì, leur ordonnancement dans que dans les mânes et
les esprits.
Ils s'étendent jusqu'aux rites funéraires, jusqu'aux sacrifices, la pratique du tir à l'arc et de la conduite de char,
jusqu'à la cérémonie d'imposition de la coiffe virile et la cérémonie de mariage et jusqu'aux audiences et visites de cour.
Li Yun §21
Lorsque les sages rois ont établi les règles, ils n'ont pu que prendre pour fondement que le Ciel-Terre, pour principe, le Yin et le Yang, pour gouvernail,
les quatre saisons, pour acolyte, les mânes et les esprits, pour repères, le soleil et les étoiles, pour mesure, la lune, pour matière, les cinq éléments,
pour outils les rites et le sens du Juste, pour champ à cultiver, les émotions des êtres humains et pour animaux domestiques, la licorne, le phénix,
la tortue et le dragon.
Ji Yi §2
Celui qui s'apprête (à offrir le sacrifice aux parents défunts) observe un jeûne purificateur strict né à l'intérieur et un jeûne plus dispersé (sommaire)
à l'extérieur.
En ces jours de jeûne, celui qui est en deuil se remémore (Si) l'endroit où résidaient les défunts, il se remet à l'esprit leurs rires
et façons de parler, il se remémore leurs intentions et leurs aspirations, il se remémore, ce qui les mettait en joie et ce dont ils
raffolaient.
Au bout de trois jours, celui qui est en deuil a la vision de ceux (celui) pour qui il a pratiqué ce jeûne purificateur.
Ji Yi §3
Le jour venu de présenter l'offrande, au moment où celui qui est en deuil pénètre dans la salle (des ancêtres), il aura toujours l'impression de
voir (comme si il voyait)
les défunts à leur place sur l'autel des ancêtres.
En faisant le tour de cette salle avant de sortir, dans une attitude de respect, la personne en deuil aura l'impression d'entendre ses parents se
mouvoir.
Au moment de sortir de la salle, il tend l'oreille et ne peut s'empêcher d'émettre un soupir au moment où il (croit) entendre ses parents soupirer.
Ji Yi §4
C'est ainsi que la piété filiale des anciens rois était telle que leurs yeux n'oubliaient jamais le visage de leurs parents défunts, leurs oreilles ne
cessaient jamais d'entendre leur voix et leur coeur-esprit (Xin) ne cessait jamais d'entretenir le souvenir de leurs aspirations, de leurs goûts
et de leurs désirs.
Leur amour pour les parents défunts était tel qu'ils les maintenaient vivants et leur vénération était telle qu'ils les faisaient apparaître à leurs yeux.
A ceux qui étaient encore visibles à leurs yeux, vivants et toujours présents à leur esprit, comment ne leur auraient ils pas manifesté le plus grand
respect (Jing).
L'homme de bien du vivant de ses parents met tout son respect à les nourrir et après leur mort, l'homme de bien du vivant de ses parents met tout son
respect à faire des offrandes sacrificielles (Xiang).
Tout au long de sa vie l'homme de bien veille à ne pas déshonorer la mémoire de ses parents.
On dit que l'homme de bien porte le deuil de ses parents toute sa vie. En ce jour anniversaire de leur mort,
l'homme de bien ne fait rien non pas parce que cela serait néfaste, mais parce que ses pensées vont entièrement vers les défunts et qu'il ne se permet pas
de se consacrer à ses propres affaires.
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