SECTION QI GONG - Pratique du Qi Gong

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WANG FUZHI (1619-1692), - Courts extraits

Wáng Fūzhī est un lettré chinois résolument attaché à la dynastie Ming et très hostile aux Mandchous (comme une bonne partie des lettrés de son époque), qui a vécu une période particulièrement troublée. Disciple de Confucius, il réexamine en détail la philosophie néo-confucéenne qui domine la Chine à son époque et élabore sa propre philosophie, effectuant ainsi une reconstruction du néoconfucianisme. La pensée de Wáng Fūzhī selon Jacques Gernet :
...n'est pas à la recherche de vérités définitives démontrées par un recours à la logique du langage, et ne porte intérêt qu'au relatif et à l'accord avec le moment et la situation.
"c'est sans doute pourquoi cette pensée n'a pas droit de cité chez nous en tant que philosophie"...
Zhāng Zăi a été un maitre à penser pour Wáng Fūzhī ; il l'a notamment suivi dans son interprétation du Yi Jing.
"La grande originalité de Zhāng Zăi au sein de pensée néoconfucéenne tient à ce qu'il identifie l'énergie universelle (le Qi) avec la limite suprême à l'origine du grand procès du monde (au lieu de le déduire de celui-ci) : cette énergie universelle ne fait qu'un avec le grand Vide de la non-actualisation qui n'est autre lui-même que la grande Harmonie ou la Voie : tout le cours du monde s'explique dès lors de façon logique par alternance de contraction et d'expansion.
La pensée de Wáng Fūzhī gravite autour de l'unité de l'homme et du monde dans l'énergie vitale. Il affirme ainsi l'unité du principe et de l'énergie :
"En réalité, le principe réside dans l'énergie et l'énergie n'est rien d'autre que le principe ; l'énergie réside dans le vide et le vide n'est rien d'autre qu'énergie : tout n'est qu'un, il n'y a pas de dualité."

Commentaire sur l'interprétation de Zhāng Zăi à propos des quatre rejets de Confucius :

« Le Maître rejetait absolument le Yi, la nécessité, l'obstination, l'ego. »

[Pour Wáng Fūzhī ,] Zhāng Zăi assimile l’intention, qui traduit ici le mot Yi, à la pensée, à
l’idée préconçue, à la volonté de réaliser quelque chose, alors qu'il préconise d'établir
son Zhi, aspiration ambitieuse selon lui.
Il poursuit ainsi :
Parmi l’intention, la nécessité, l’obstination et l’ego, c’est l’intention qui est la racine. La
nécessité, l’obstination et l’ego sont tous issus de l’intention sans laquelle ils
s’anéantissent. Quand on s’initie à l’étude [confucéenne], on met dans la droiture, le sens
du devoir, sans rechercher le profit et on élucide le Dào, sans penser aux mérites. Quand
on y accède, le sens du devoir est affiné et le sens de l’humain parvient à maturité ; on fait
ce qui doit être fait et on agit selon les moments ; on opère des transformations là où l’on
passe. Au commencement des efforts en vue de la sainteté ainsi qu’à l’aboutissement de
la vertu du ciel, que l’on étudie au plus près ou atteigne une compréhension supérieure,
le [fonctionnement] est Un et identique à ce propos.


Du Sishudaquan Shuo

Remplissant l'espace entre Ciel et Terre, à l'intérieur et à l'extérieur du corps vivant, rien
qui ne soit pas de l'énergie.
[...]
L'imbrication de l'homme et de la nature est simplement un continuum de l'énergie.

Le principe ou pouvoir spontané d'organisation est ce qui circule à l'intérieur des énergies
et qui, en collaboration avec elles, les maîtrise et les répartit en les dosant.[...] Le principe
d'ordre n'apparaît que dans les énergies.

Le principe d'organisation est à l'intérieur des énergies. C'est pourquoi le Yi Jing dit
:"Un Yīn, Un Yáng est ce qu'on appelle le Dào, (mode de fonctionnement de l'univers)" ; mais il
dit aussi : "Ce qui est incorporel est ce qu'on appelle le Dào", ce qui veut dire que
l'incorporel (Dào aussi appelé Li) est inséparable de l'alternance et des combinaisons des
énergies Yīn et Yáng.

Les seules choses au monde qui n'aient pas de nature sont celles qui sont fabriquées par
l'homme. C'est pourquoi, au moment même où elles ont un corps (Ti), leur usage (Yong)
ne se réalise pas, et il faut attendre que l'on s'en serve pour que cet usage apparaisse.

Entre connaissance et action, il y a des gens qui établissent une séparation générale. Il
Cependant, si pour comprendre quelque chose, on y applique toutes ses forces, il y aura
aussi (dans cet effort) une action et si, au moment même où l'on s'applique à une tâche,
on ne néglige pas d'examiner et de réfléchir, il y aura aussi connaissance.

   分, 有       者,  則       知,
       也。
    中, 力     事, 則     
   際, 不     功, 則    矣。


Entre Ciel et Terre il n'y a que principe d'organisation et énergies. Les énergies
portent
symboles correspondent à des nombres.

       氣,  氣         氣。
  形,  氣   象,  者   數。


La nature d'avant la formation des êtres est créée par le Ciel; celle qui se forme après
l'est par les habitudes. Dans le mouvement (des énergies) qui se produit après la
formation des êtres, certaines des énergies trouvent leur juste place et d'autres non. C'est
que du fait de l'absence de toute intention dans la transformation universelle, il n'y a pas
de régularité. Quand les énergies ont trouvé leur juste place, l'influence qu'exerceront les
autres êtres sur l'individu ainsi formé n'auront pas de mauvais effet sur les habitudes, et
les habitudes qu'il acquerra ne nuiront pas à sa nature. Au contraire, quand les énergies
n'ont pas trouvé leur juste place, les autres êtres exerceront sur l'individu ainsi formé une
influence qui modifiera ses habitudes dans le sens du mal et il se formera chez lui une
corps ou des sens des autres êtres.
La faute est dans les impondérables qui se produisent dans les relations entre les corps
et les sens de cet individu et ceux des autres êtres.

    天 成 之,  後   性,  習   也。
   動,  有  位,  有   位,  亦          
 位,  則         性。
  位,  則           矣。
         也,  亦         也。
                 也。



Sishu Jianjie

C'est spontanément que notre ouïe, notre vue, notre goût, notre odorat, notre corps
s'accordent avec les sons, les couleurs et toutes les choses qui leur correspondent. Il y a
là une connaissance qui n'a pas besoin d'apprentissage. C'est à ce propos que (Mencius)
emploie le mot de nature [VII B-24].


Zhangzi Zhenmeng Zhu

Si le Yīn et le Yáng étaient provoqués par le mouvement et le repos, ils auraient chacun
leur fondement constitutif (Ti) : le repos serait inhérent au Yīn et le mouvement inhérent
au Yáng. [En réalité,] au moment du repos, l'énergie Yīn s'accumule pour envelopper le
Yáng ; au moment du mouvement, l'énergie Yáng s'étend pour mettre en branle le Yīn.
Il est donc clair que Yīn et Yáng n'ont pas comme cause première le mouvement et le
repos.

« Par l'expression des deux extrémités, dit Zhāng Zăi, il faut entendre le vide et le plein,
le mouvement et le repos, l'assemblage et la dissociation des énergies, le trouble et le
pur qui tous, ne font qu'un ».

Tous les êtres sont le produit des assemblages de l'énergie universelle. Ils sont parcourus
par son pouvoir d'organisation (Li), sujets à l'ordre universel (Dào) (de l'alternance et de
la combinaison) du Yīn et du Yáng, et cet ordre est (le principe) de notre constitution
(Ti)... notre esprit, nos pensées, notre ouïe, notre vue, il n'est rien qui ne soit l'effet de
condensations nées de cet ordre et qui ne doive son fonctionnement (Yong) à son
efficacité.

Associations et dissociations des énergies, vie et mort des êtres (vivants), apparitions et
disparitions, ce qui vient (à la vie et au présent) et ce qui s'en va (vers la mort et le
passé), tout celà est le produit spontané du pouvoir d'organisation (Li) (des énergies) et
des forces inéluctables (Shì); ce sont là des choses qu'on ne peut pas interrompre ni
arrêter -

   散,  物   生,  出  來, 入  往, 皆     然, 不      ...

Assemblées et formant des corps ou dispersées et ayant fait retour au Grand Vide,
les énergies sont toujours les mêmes. Comme l'esprit subtil (Shén) est la forme la plus
merveilleuse des énergies, qu'il en est indissociable et forme avec elles l'ensemble
constitutif (des êtres vivants), l'esprit subtil est lui aussi toujours le même.

...    形,  散     虛,  氣    也。
 者, 氣  靈,  不        體,  則     也。


Rien de ce que nos sens saisissent ne peut avoir de signification sans être traduit et
interprété par notre esprit. La perception se produit quand il y a rencontre des trois :
corps (Xing, doté de sens), esprit (Shén) et objet ().

Cependant, bien que l'esprit sensible (Xin) ne relève ni du corporel, ni du phénoménal
(Xiang), il doit nécessairement se fonder sur ce qu'il a vu et entendu pour en faire la
transformations (de l'univers) s'y trouvent toutes sans que rien puisse y faire obstacle

     象。性     理。 凡    者。
                     


« Le principe d'ordre du Ciel n'est que moment opportun et justice » Ce principe d'ordre
applique ou réserve peines et faveurs, mais (finit par) s'accorder avec la grande équité.

「天  者,  時   已。」理 者,  天        也。
     化,  義     常,
        期,  而        信。
      賞,  因        中。


La variabilité dans la répartition des énergies (lors de la conception) ont seulement pour
effet des capacités ou un défaut de capacités. Il n'y a pas d'hommes qui naissent vils et
stupides au point de ne plus percevoir les relations entre souverain et sujets, père et fils
et de commettre des actions honteuses telles que voler les gens dans leurs maisons.
Mais quand moeurs et coutumes ont décliné, ceux dont les capacités sont insuffisantes
ils s'éloignent chaque jour (de leur nature) au point de ne plus pouvoir changer, ...
Cet éloignement extrême et (apparemment) irrémédiable dû aux habitudes ne veut pas
dire pour autant que leur nature ne peut plus être modifiée.

   者, 才       已;
       愚, 以            穿     者。
  衰, 風  壞, 才        易, 遂         變,
         ,
       移, 非      也。


« L'homme souffre d'embarrasser son esprit de ce qu'il a vu et entendu et de ne pas
manifester en l'absence de ces apparences.

「人          心,  而      。」
   者,  盡    
...
 者, 盡  使       爾, 非        也。
 者, 心  神; 外 者, 物 之, 法 象。 法     立, 神     顯。


L'esprit de la plupart des gens s'arrête au caractère étroit de leurs sens, tandis que le
est habitude. Or, ce qui est connu par habitude est limité dans la connaissance du bien et
, a fortiori, dans celle du mal. (Au contraire) si nous savons aller jusqu'au fond de notre
esprit, exploitant entièrement sa capacité innée d'intelligence virtuelle et de clarté, nous
serons en accord dans son ensemble, avec le principe d'organisation d'où procèdent
tous les êtres du Ciel et de la Terre, et nous connaîtrons la grande origine.

   必,  止     狹,  聖   性,  不      心,  
        

Quand on n'entend ni ne voit, si les notions (Li) (déduites de ce qu'on a vu et entendu)
ne disparaissent pas et si les choses (déjà enregistrées par la mémoire) ne deviennent
pas aussitôt invisibles, c'est la merveille du maintien de l'esprit (Shén).

                   

Le Ciel n'a pas de corps. Ce qui lui sert de corps, c'est son mode d'activité.
'Saisir dans sa totalité', c'est agrandir son esprit pour le laisser se mouvoir immensément.
Ciel.

  體,  用   體。
  者,  大     之,  則          矣。


Ce qui fait que l'énergie universelle en fusion (dans le Grand Vide) contient des natures
énergies (Yin et Yang).

       性,以    伸,  條    者,  神 也。
              者,  化 也 。
 神,氣  神; 化,  氣   也。

Zhang Zai : « La nature est ce qui unit en un tout présence et absence, vide et plein ».
Quand on a fait sien et expérimenté cela, on sait ce qu'est la nature...
C'est pourquoi quand on cherche le corps et la substance des quatre vertus, elles ne
sont plus là, c'est le vide; (à l'inverse) quand on décide de les réaliser et qu'on les met
en pratique (Yong),
elles sont là bien présentes. Il en va de même pour pour l'acuité de notre ouïe, la clarté
de notre vue, la pénétration de notre esprit :
appliquées aux choses et aux êtres, elles sont là bien présentes, mais si on veut les
appliquer à ce qui leur est insondable, on ne trouve plus que le vide.

...     智,  求   體,  皆  也,  虛 也;  而   體,發  用,
   也,  實 也,  耳  聰,  目  明,  心  睿:
    者,  皆  也,  實 也;  而    測,  則  也,  虛 也。



Zhouyi Waizhuan

Ce que [Lao Zi] appelle vide (à la stance 11 du Dao Dé Jing), c'est où il n'y a encore rien
d'un pot, et si le vide d'un pot est la même chose que le vide (du moyeu) d'un char;
N'est ce pas quasiment comme si l'on pouvait transporter des marchandises dans un pot
et verser du liquide dans (le moyeu d'un) char ?
Laozi donne la préséance à la faiblesse (Wu) et rejette la force (la structure du char ou la
solidité du pot). A force d'errer ainsi dans le vague, l'homme devient un revenant. En
donnant la préséance à la faiblesse et en rejetant la force, tout le monde perd ce qui
le constitue comme personne humaine. Lao Zi fait ainsi disparaître la permanence
indestructible de notre nature, interrompt la vie sans cesse renouvelée que produisent
le Ciel et la Terre. Ainsi, le principe suprême de l'humanité est-il détruit et l'univers n'a plus
d'assise.
Ceux qui savent parler du Dao comme il faut partent de la fonction (Yong) pour parvenir à
ce qui est constitutif (). Les autres (les bouddhistes et les taoïstes) établissent
faussement une seule réalité constitutive (ici, le vide) et, s'y attachant, éliminent la
fonction.

    者,  未     也,  未  積,  則           無。
  使       漿 
   遷,  屍    強。 遊         鬼, 屍      
    身。
     存,  斷     生,  則           矣。
    者,
...

Le Yáng a pour fonction de produire les énergies vitales, et le Yīn du corporel.

Le Yīn et le Yáng sont présents dans l'énergie originelle en fusion du Grand Vide. Dans leur
alternance et collaboration, le Yīn et le Yáng, tantôt en mouvement, tantôt au repos,
s'agitent et se frottent l'un contre l'autre, profitant du moment (Shì) et de leur position pour
manifester leurs effets et leurs pouvoirs, dans les (phénomènes) de fusion et de nouage,
écoulement et arrêt (qui se produisent) dans les cinq éléments,...

« Tout sous le Ciel n'est en effet que moment opportun et force des choses et exige que
l'homme] sache profiter des moments favorables et se conformer à la force des choses. »
... [Ce principe taoïste exclusif rejette le normes humaines et participe de la destruction
l'ordre naturel des choses]... Or, même dans le plus petit instant, nous sommes liés aux
autres êtres; nos moindres mouvements, nos moindres paroles se produisent en relation
avec le manifeste.

   聚,  新       故;  思   永,  微        


Siwenlu Neipian

L'invisible est la matrice du visible, tandis que le visible est la manifestation de (ce qui
s'est accompli dans) l'invisible... Avec le Yáng, il y a organisation ramifiée ; avec le
Yīn, hiérarchie et succession temporelle... Les produits que créent hiérarchie et suc-
-cession temporelle dans le repos (du Yīn) sont comme une végétation qui ne cesserait
jamais de proliférer. Mais qui pourrait les voir ?

Ce que nos yeux ne voient pas n'en est pas moins doué des propriétés du visible. Ce que
notre ouïe n'entend pas n'en est pas moins doué des propriétés de l'audible. Des propos
que nous ne comprenons pas n'en peuvent pas moins être doués de sens.
C'est pourquoi il est dit : « Ce qu'on sait, savoir qu'on le sait, ce qu'on ne sait pas, savoir
qu'on ne le sait pas, tel est le vrai savoir ».
Dans ce qu'on sait, il subsiste des choses qu'on ne sait pas, et savoir cela, tel est le vrai
savoir. En procédant ainsi et en tirant toutes les conséquences de ce qu'on voit,
l'aspect de ce qu'on ne voit pas apparaîtra clairement...
Sans être arrêté par ce qu'on ne sait (parce qu'on ne le perçoit pas) pas, chercher à le
connaître, c'est là la grande différence entre l'enseignement du grand Sage et les
doctrines hétérodoxes (qui se fondent sur les données ordinaires de la perception sans
chercher au-delà).

   見,  非   也。耳   聞,  非   也。言   通, 非   也。
  :「     之,  不    」。
      在,  則     矣,  是         者,  
   見,  則     
...
         之,  此        


S'il existe des choses qui échappent à nos yeux et à notre ouïe et qui ont pourtant les
propriétés du visible et de l'audible, des mots que nous ne pouvons comprendre et qui ont
pourtant un sens, celà vient de l'infirmité de nos sens. Mais comme il n'y a rien qui soit
impossible à notre esprit, si notre réflexion se trouve impuissante, c'est qu'il y a des
raisons auxquelles nous n'avons pas encore réfléchi.
C'est pourquoi il est dit : Qui pousse son esprit à ses limites, connaît sa nature. Notre
esprit (porte en lui) ce qui constitue le monde (le Ciel) dans sa totalité.

      色,  耳      聲,  言      義,  小    也。
       矣;  思      理,  未   耳。
 曰:「        」。  者,  天    也。


Là où le vent et la pluie, où la rosée et le tonnerre n'atteignent pas, l'action transformatrice
du Ciel ne s'exerce plus.
Quand l'homme de bien parle du Ciel, il ne veut parler que de ce qu'atteint son influence
merveilleuse...
Dans ses réflexions, l'homme de bien ne sort pas de la place qui est la sienne et s'en
tient aux transformations dues à l'action du Ciel.

       至,  天    行;  日      至,  天    行 。
    天, 言        尔。
...

(L'espace formé) en haut (par) le Ciel et en bas (par) la Terre s'appelle . (La durée
formée par) le passé qui s'en est allé et le présent qui est venu s'appelle Zhòu : mais on
n'en a (jamais) fait un cercle.
Tout cercle a une substance extérieure et il est vide à l'intérieur : on pourrait dire que
c'est un creux. Mais comment (l'ensemble formé par l'espace et le temps) serait-il de ce
genre ?
L'espace et le temps de l'univers sont ce que réalise une accumulation immense de
durée et d'espace...

     宇, 往     宙 : 雖 然, 莫      
    者, 則       實, 謂            哉 ?
  者, 積            縕, 知   舍,故     




Siwenlu Waipian

la succession de l'ordre et du désordre est entièrement le produit des impondérables
dans les tendances au mouvement et au repos du Yīn et du Yáng. On peut sans doute
admettre que, lorsque le désordre est arrivé à son comble, un ordre apparaît. Mais...
Le Yáng possède en lui une vertu de repos. C'est pourquoi au moment même du
mouvement, il tend au repos. Le Yīn accumule en lui (Chŭ) une capacité de mou-
vement. C'est pourquoi au moment même du repos, il tend au mouvement.

« De toute Antiquité, dit Zhang Zai, les formes du soleil et de la lune n'ont pas changé. »
Quand Zhang Zai parle de leurs formes, il veut parler de leur modèle et figure, non de
leur substance. Or la substance se renouvelle de jour en jour, cependant que la forme
reste la même. Il n'y a pas d'objet (Qì) constant, mais mode de fonctionnement (Dào)
constant. L'eau du fleuve Jaune et du Yangzi est (en apparence) la même aujourd'hui que
dans l'Antiquité, mais (en fait) son eau d'aujourd'hui n'est pas la même. La lumière de la
lampe est la même aujourd'hui qu'hier, mais la flamme d'hier n'est pas celle celle
d'aujourd'hui. L'eau et le feu sont proches et faciles à voir, et c'est seulement parc que le
soleil et la lune sont loin que nous ne pouvons les observer. Nos ongles et nos cheveux
poussent chaque jour et nos anciens ongles et cheveux disparaissent : c'est ce dont tout
le monde s'aperçoit. Mais les gens ne s'aperçoivent pas que leur peau et leur chair se
renouvellent chaque jour. Voyant que les formes ne changes pas et ignorant que la
substance (des choses) a changé, ils croient que la lune et le soleil de notre temps sont
celles qu'ils avaient à leur naissance. Comment leur parler de cette transformation qui est
"renouvellement de chaque jour"? Du Yang qui assemble de la lumière et qui est toujours
semblable à lui-même, tel est le soleil; du Yin qui assemble une clarté lunaire (Po) et qui
est toujours semblable à lui-même, telle est la lune. Le fait de se renouveler chaque jour
et ne s'altérer jamais, voilà ce qui est être sans faute (Wu Wang).

              。」
                       
         ...
   也,  而  昨,  火   火。      知,  日       
         也, 人   也。肌         也,
    也。
             遷,  則            月,
          肉,  惡        
!

Les hommes bons (Shàn Rén) sont toujours une minorité et les mauvais, le plus grand
nombre ...
Ils aiment ce qui est nouveau, se laissent émouvoir par les beautés qui sortent de
l'ordinaire. Leurs émotions et les goûts changeant leurs sentiments naturels, ils se créent
agir ou s'abstenir...

      天,  動     人。
      待,  而        也。 物      消,  
      動。
         機,  以      阻,  而       待。
          靜,
...

Celui qui connaît le Ciel connaît (aussi) ses instants fugitifs. Le Ciel a aussi bien un
dans le monde entier et le sang coule en ruisseaux.

  者,  知    也。 夫       焉,  有     焉。
    者,  善    物;
    者,  居     物,  而      之。
    者,  君    也; 以    者,  黃、老   也; 降    矣。
                    動。
   動,  而     覺。 動   止,  毒     下,  而    渠。


Tant que le moment n'est pas venu, il n'est pas possible de l'anticiper.
Mais quand les énergies se sont mises en branle, même avec des souverains et des
pas des capacités humaines; ...

   至,  不   焉 。
     動,  則      臣,  役     姓,
       得,  即      功,  誠      矣。
   啟,  人   之,  非    也 。 聖    勤,  人   之,  
(Shi) pour la postérité.
Mais si l'historien s'est contenté de multiplier les faits et n'a pas mis en évidence les
grands principes qui ont permis de régler le monde, les générations postérieures qui
voudront saisir les mécanismes de la réussite et de l'échec n'auront plus aucun moyen
de s'inspirer de ces modèles. Alors, à quoi bon l'histoire ?...

    者,  述       
...

[Pour comprendre le sens de l'histoire], qu'on se place en personne dans le moment (Shí)
et les forces dominantes (Shì) du passé, comme s'il s'agissait d'une situation qu'on aurait
soi-même rencontrée ; qu'on réfléchisse et se soucie des combinaisons et des actes qui
auraient été alors nécessaires, comme s'il s'agissait d'affaires dont on aurait été soi-même
responsable.

      勢,  爲     逢,  研      爲,  記    

Baleines et salamandres ne quittent pas leurs eaux profondes, loups et tigres ne quittent
appartient ...
Sur ce sur quoi ils prennent appui, le Ciel fait naître et se développer toutes les espèces,
mais la Terre impose les limites de ses régions, si bien que les influences célestes en
sont modifiées et que le destin des espèces est différent.

     淵,   豺     林。
   據,  力     歸 ...


Que les plus distingués soient mandarins, que les gens simples soient agriculteurs, que
humaines,
c'est uniquement ainsi que leurs anciens souverains et les rois (fondateurs des Trois
Dynasties antiques) ont réparti et organisé les hommes de façon à ce que chacun se
trouve bien à la place qu'il occupait.

   士,  樸   農,  僄     兵,
   才,  習   性,  不   也,  此    秩,  此    官。
        物,  而     者,  此   矣。



Songlun

Par ces effets de freinage et d'accélération qu'il est capable d'induire, de leurs effets dif-
grâce à son assiduité et à son évaluation de la situation, il peut lui apporter son aide.

     移,  斟       命。
     工,  而      也。


Il y a dans le monde des choses auxquelles on peut parvenir par la réflexion et des
pourraient ils les limiter ? Les changements sont infinis, ...

      得,  學    者,  理 也;
    得,  学    知,物 也 。
...
  物,  名    矣,  數     
   葉,  其   萬,  求             也,  
       ?     ...


Shangshu Yinyi

[Les taoïstes prétendent :] « Tout sous le ciel n'est que moment opportun et force des
force des choses » ...
[Wang Fuzhi s'oppose à eux et affirme:] Même dans le plus petit instant, nous sommes
liés aux autres êtres; nos moindres mouvements, nos moindres paroles se produisent en
relation nécessaire avec les autres êtres.

    有,      矣,  乘  時,  順  勢。

Il y a deux moyens de connaissance. Ces deux moyens viennent au secours l'un de
de faire appel à chacun d'eux.

      二,  二    也,  而     從。
    數,  遠    今,  以    理,  所    也。
    明,  思    隱,  所    也。
  知, 則          志;  
       用, 而     邪。
           焉。


Pourquoi Mencius considère-t'il nos sens comme la petite partie de l'ensemble humain
(et l'esprit comme la plus importante)? [L'esprit et les sens sont indissociables car,]
si la petite partie du corps de l'homme et la plus importante étaient séparées par des
limites et des frontières, cela reviendrait à dire qu'en un seul homme, il y aurait deux
ensembles (constitutifs)
Quand on unit sens et esprit et qu'on s'attache à la partie principale, on appelle cela
organe de l'esprit (Xī Guā), mais quand on les divise et qu'on ne s'intéresse qu'à la moins
importante, on appelle cela organes des sens (Er Mù Zhì Guā). Parmi les organes il y a
un maître et des auxiliaires, mais cet ensemble ne connaît aucune division (il est tout à la
fois sens et esprit)...
Unis (à l'esprit) les sens sont grands; séparés, ils sont vils. Quand ils portent sur l'es-
-sentiel, ils sont assurément grands; quand ils poursuivent des buts secondaires, ils
sont vils. Par conséquent, la bassesse des sens réside dans leur caractère d'organes,
non dans les fonctions qu'ils assument. Si, avec la finesse de son ouïe et de sa vue,
l'homme peut délibérer et faire preuve d'intelligence, car c'est seulement parce que sa
réflexion ne fait qu'un tout (avec ses sens).

...      本,  則    官,  於     末, 則      官。
   輔,  體    ...


Shi Guangzhuan

Toutes les productions du Ciel et de la Terre ont leur utilité, nourriture et sexualité ont
leur pureté. Respectant leurs productions, l'homme de bien les répartit conformément aux
lots de chacun, en accordant toute leur importance aux distinctions qui s'attachent aux
nourritures et aux relations entre l'homme et la femme; ainsi fait-il régner l'harmonie et la
paix entre les hommes

     産,  皆   用。    女,  皆   貞。
       産,  而    分。       辨,  而    安。


Confucius a voulu dire qu'il y avait deux chemins pour venir à la connaissance. L'un est
l'étude, l'autre la réflexion. Etudier consiste à suivre ce que d'autres ont compris avant
soi sans mettre toute sa confiance dans sa propre perspicacité. Réfléchir consiste à se
fier à ses propres capacités merveilleuses de compréhension sans suivre les traces que
nous ont laissées les anciens. Or, si l'on veut parvenir à un résultat, étude et réflexion ne
doivent pas être exclusives l'une de l'autre, mais s'aider au contraire mutuellement.

Il n'y a ni changement, ni justesse qui n'intervienne au bon moment. Si ce qui arrive à
contretemps devait être juste, comment le monde pourrait-il être réglé ?
     ...
Ce qui arrive au bon moment peut être tenu pour juste. Si l'on s'étonnait des chan-
-gements du moment et qu'on ne s'y fiait pas pour agir justement, il n'y aurait jamais au
monde ces dix règles que sont le faste et le néfaste, la réussite et l'échec , le vrai et le
faux, le contraire et le conforme, l'union et la séparation, et aucun changement ne suffirait
à les établir.

   時,  莫   時。 非    貞,  則       哉  ?
   歆,  胡   時,  則    歆,  亦    矣,  而    乎 !
        矣,  驚          
                
     紀,  而