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On nomme nature la vie commandée par le Ciel; on nomme Voie le respect de cette
nature et éducation la culture de la Voie.
Aucune distance ne saurait être prise avec la voie. D'ailleurs comment serait-ce
la
voie si l'on pouvait s'en distancier.
C'est pourquoi l'homme de bien est circonspect
vis à vis de ce qu'il n'a point vu et
craintif vis à vis de ce qu'il n' a pas entendu. Rien de
plus évident pour lui que l'obscur et de
plus manifeste que le ténu. [...]
On nomme équilibre l'état dans lequel le contentement ou la colère, le chagrin ou la joie
ne se sont pas encore déployés. On nomme
harmonie l'état dans lequel ils se sont
déployés, mais avec une modération
équilibrée.

L'équilibre est le fondement (racine) du monde du dessous du Ciel, l'harmonie est la
voie qui le pénètre de toutes
parts.
C’est donc quand équilibre et harmonie accèdent à leur plus haut niveau que le Ciel et la
Terre sont stabilisés et que les 10000
êtres croissent.
L’homme de bien (Jūn Zĭ) exerce une pratique équilibrée; L’homme de peu exerce le
contraire d’une pratique
équilibrée. Dans sa pratique équilibrée, l’homme de bien est
constamment dans l’équilibre, justement parce qu'il est centré sur le temps
La voie suivie par l’homme de bien reste fort discrète, alors qu’elle se répand partout.
Ainsi même les hommes et les femmes
particulièrement stupides parviennent à en
prendre connaissance. Mais aux saints il
échappe des aspects de compréhension pour
accéder à la perfection. Les hommes et
les femmes particulièrement incapables
parviennent à la mettre en pratique.
Mais aux saints il s’avère impossible d’accéder à
la perfection. [...]
Dans le Ciel, seul celui qui est d'une parfaite sincérité est à même d'atteindre les
limites de sa propre nature; les ayant
atteintes, il est à même d'atteindre les limites de
la nature des autres hommes; les ayant
atteintes, il est à même d'atteindre les limites
de tous les autres êtres; les ayant
atteintes, il peut assister le Ciel et la Terre dans leur
s processus de
transformations/croissance; les ayant assistés il peut former un trio avec
le Ciel et la Terre.
Après lui vient celui qui tend à développer au mieux ce qui est en germe en lui. Car dès
lors qu'il développe ce qui est en germe
en lui, il lui est permis d'accéder à la sincérité de
sa propre nature. Quand sa sincérité a
pris forme, sa manifestation prend forme. Quand
elle a pris forme, elle apparaît alors clairement. Quand elle est apparue clairement, elle se
met en mouvement. Quand elle s'est mise en mouvement, elle change les êtres.
Quand
elle les a changés, elle les transforme. Sous le Ciel, seul celui qui est d'une
parfaite
sincérité, est capable d'opérer toutes ces transformations.
La voie de la parfaite sincérité permet de connaître les événements à venir. [...] Celui qui
est sincère se réalise lui-même et la
voie montre elle-même la voie.
L'homme de bien accomplit sans même agir. Sincérité parfaite conformité de l'action avec
l'oeuvre du Ciel et de la Terre. L'homme
de bien est celui qui sait voir en lui-même, dans
sa solitude et sa particularité avant d'observer à
l'extérieur et éventuellement agir (aussi
sur autrui). Ce regard intérieur possède deux fonctions:
observer qu'en lui la nature con-
-férée par le Ciel est conforme à celui-ci et de constater que ses
intentions ne comportent
pas -de mauvais desseins Ce regard n'est pas seulement moral, psychologique mais aus
-si philosophique et pratique : il précède l'action, la pratique. Ce processus constant à
caractère centrifuge procède de l'intérieur vers l'extérieur.
Il existe neuf principes : se perfectionner, aimer ses proches, honorer les plus importants
ministres, faire corps avec l'ensemble
des autres ministres, traiter comme ses fils les
gens du peuple, faire venir les cents
artisans, amadouer les étrangers, s'attacher tous les
seigneurs.
La voie qu'emprunte l'homme de bien est insipide, mais on ne se rassasie pourtant pas
d'y goûter. Elle est sans apprêts, mais si élégante. Elle semble
quelconque, mais si bien
ordonnée. Qui connaît la proximité du
lointain, qui connaît la provenance du vent, qui
connaît la manifestation du subtil peut
comparer sa vertu à (celle d'un saint). [...] l'homme
de bien s'examine intérieurement pour ne
présenter aucune faille et ne souffre d'aucun
vice dans ses intentions. En fait c'est
ce qu'ils ne voient pas qu'ils pensent ne pouvoir être
atteint par l'homme de
bien.
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