L'esprit est le principe et puis c'est tout.
Est-il possible à quelqu'un d'apprendre sans agir ? Ce que à quoi nous pensons conven-
-tionellement comme étant l'atteinte de la connaissance n'est rien d'autre que faire l'expé-
(Xing) conférée par l'ordre du Ciel,
s'en remet à ce qui est ainsi et laisse rayonner son
esprit tel qu'il se manifeste dans son éclat originel.
Les sages et les hommes de bien enseignent de la même manière que les médecins
appliquent les remèdes. Ils adaptent toujours les moyens à la gravité du mal.
Ils prennent en considération les différents symptômes et ajustent comme il convient le
dosage. Leur seul but est de d'éliminer le mal. Ils n'ont pas de ligne de conduite
pré-
-déterminée.
聖 賢 教 人 如 醫 用 藥,
皆 因 病 立 方,
酌 其 虛 實 溫 涼 陰 陽 內 外 而 時 時 加 減 之,
要 在 去 病,
初 無 定 說
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La connaissance est la force principale de l'action et l'action est le résultat de la connais-
-sance.
La connaissance intervient au début de l'action et l'action est la finalisation de la connais-
-sance.
Celui qui comprend cela sait que dire « je fais » implique aussi l'action?
Cela signifie simplement que quand il dit j'agis, il sait que cela implique aussi la compré-
-hension ...
知 是 行 的 主 意,
行 是 知 的 功 夫。
知 是 行 之 始,
行 是 知 之 成。
若 會 得 時,
只 說 一 箇 知,
已 自 有 行 在。
只 說 一 箇 行,
已 自 有 知 在。
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Chuanxi Lu
Ce qui commande au corps, c'est l'esprit. Ce qui émane de l'esprit, c'est l'intention (Yi). Ce
qui constitue originellement l'intention, c'est l'aptitude à connaître. Là où se dirige l'in-
-tention, ce sont les choses. [ ... ] Il
n'est pas de principe en dehors de l'esprit, il n'est pas
de chose en dehors de l'esprit...
[Les vérités morales] se trouvent dans le cœur. Le cœur, c’est la norme. Ce cœur, s’il
n’est pas obnubilé par les passions,
c’est la norme céleste (norme souveraine de la per-
-fection morale), à qui rien ne manque. Avec ce cœur tout entier à la norme céleste, on
agit envers son père, et c’est la piété même ; on agit envers son prince, et c’est le
dévouement même ; on agit envers son ami ou le peuple, c’est la fidélité, l’humanité
même.
Apprendre, s'enquérir, réfléchir, débattre, agir constituent autant d'aspects de l'étude.
Étudier sans qu'il y ait action, cela ne se peut... De tout temps et en tout lieu, rien
n'a jamais pu s'appeler « étude » qui n'ait impliqué de l'action. Se mettre à étudier, c'est
déjà agir.
Dans la pratique soutenue (Gongfu) de l'étude, même à supposer que l'on ait réussi à se
défaire de tout penchant, de tout désir de prestige et de profit, pour peu que l'on garde le
moindre fil de pensée pour la vie et la mort, alors l'esprit tout entier ne pourra être par-
-faitement serein et délié. Les
considérations sur la vie et la mort nous viennent avec la
vie elle-même, aussi n'est-il pas facile de s'en défaire. Mais pour peu que l'on arrive
à
voir au travers, à les transpercer de part en part, alors c'est l'esprit tout entier qui
coule
de source sans obstacle. C'est là l'étude qui va jusqu'au fond de la nature pour
rejoindre
-naitre.
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求 有 知 而 不 行 者,
知 而 不 行,
只 是 未 知
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Enseignement en quatre propositions
Dans la constitution du Cœur-esprit, il n'y a pas de distinction entre le bon et le mauvais
mais quand l'intention entre en jeu, il y a distinction entre le bien et le mal
une bonne sentience (perception) permet de connaître le bien et le mal
c'est grâce à cette connaissance intuitive des choses qu'il est possible de faire le bien
et d'enlever le
mal -
Commentaire du Daxue
Les lettrés précédents (Chéng Yi, Zhu Xi et autres) expliquent que le Gé Wù consiste à
scruter les êtres de l’univers. Les êtres de l’univers, comment
pourrait-on les scruter
tous ? Ils disent qu’une herbe, un arbre possèdent chacun sa vérité ; or,
comment va-t-on
les scruter ? Même si l’on arrivait à scruter l’herbe ou l’arbre, cette
science ne servira en
rien à rendre sincère sa propre pensée. J’explique le mot Gé par
« rectifier » (ordon-
-ner) ou par « occupation » (devoir moral, objet de la « pensée »
Ce que le Daxue appelle le corps, ce sont les oreilles, la bouche, le nez, les quatre
membres. Quiconque veut « régler son corps », (Diáo Shēn) doit
faire de telle sorte que
ses yeux ne regardent rien d’inconvenant, que ses oreilles n’écoutent
rien d’incon-
-venant, que ses membres ne fassent rien d’inconvenant. Mais pour régler
ce corps, com-
-ment le travail pourrait-il s’appliquer au corps ? C’est le Cœur qui est
le principe directeur
du corps. Ce sont les yeux qui regardent ; mais ce par quoi ils
regardent, c’est le Cœur...
(de même les oreilles, la bouche et les membres). C’est pourquoi « régler
son corps »
consiste à s’appliquer à son propre Cœur, afin qu’il soit toujours large
et impartial, sans
rien d’incorrect. Ce principe directeur une fois rectifié, ce qui se manifeste aux yeux
ne provoquera aucun regard inconvenant... C’est en cela que « régler son
corps »
consiste à rectifier son Cœur.
Mais l’en-soi du Cœur, c’est la bonté parfaite. L’en-soi du Cœur aurait-il quelque chose
qui ne fût bon ? Mais si l’on veut « rectifier son cœur », comment le
travail pourrait-il
s’appliquer à l’en-soi du Cœur ? Nécessairement ce n’est que sur les
mouvements du
Cœur qu’on peut porter ses efforts, car ces mouvements comportent souvent
des élé-
-ments imparfaits. Il faut donc « rendre sincère sa pensée » (Chéng Yì). Par exemple, si
une pensée se porte sur l’amour d’un bien, on aimera ce bien réellement,
efficacement.
Si une pensée se porte sur la haine d’un mal, on haïra ce mal réellement,
efficacement.
Alors puisque tout ce qu’émet la pensée n’aura rien qui ne soit sincère,
comment
l’en-soi du cœur aurait-il quelque chose d’incorrect ? C’est pourquoi «
rectifier son
Cœur » consiste à « rendre sincère sa pensée ».
Le travail arrivé au Chéng Yì, commence à trouver un terrain pratique. Mais le fondement
du Chéng Yì se trouve encore dans le Zhi Zhī (dans la
réalisation des connais
-sances). Ce que l’on nomme « ignoré des autres et connu de soi seul »
c’est justement
ce que mon Cœur connaît naturellement (c’est mon intuition morale). Mais
si, con-
-naissant le bien, on n’agit pourtant pas selon cette connaissance intuitive, dès lors
le Liang Zhī (l’intuition morale, le principe de cette intuition)
est obnubilé ; dès lors, on ne
« réalise pas sa connaissance ». Le Liang Zhī de mon cœur ne
pouvant se développer
jusqu’au bout, le bien quoique aimé, ne peut être réellement,
efficacement aimé ; le mal,
quoique haï, ne peut être réellement, efficacement haï : comment la
pensée pourra-t-elle
être sincère ? C’est pourquoi « réaliser sa connaissance est nécessaire
pour « rendre
sincère sa pensée. » Mais on ne réalise pas sa connaissance dans
l’abstrait ; on la
réalise en ordonnant, en rectifiant des actes réels. Par exemple, si la
pensée se porte sur
un bien à faire, on l’accomplit en cet acte même ; si la pensée se porte
sur un mal à fuir,
on le fuit en cet acte même. Fuir un mal, c’est « rectifier » quelque chose d’incorrect
;
faire le bien et par là même se corriger du mal opposé, c’est encore rectifier quelque
chose d’incorrect. De la sorte, le Liang Zhī de
mon Cœur n’étant plus obnubilé par les
passions, pourra se réaliser au maximum ; et tout ce que la pensée produit :
faire un
bien, ou fuir un mal, n’aura rien qui ne soit sincère. Ainsi la première
tâche pratique qui
est de « rendre sincère sa pensée » consiste à « ordonner (rectifier) l’objet
» de son
acte moral (Gé Wù).
Le Gé Wù compris de la sorte est praticable à tout le monde (à
l’opposé du Gé Wù selon Zhu
Xi) ; c’est pourquoi tout le monde peut devenir aussi
parfait que Yao et Chun
Beautiful colors blind the eyes. Beautiful sounds deafen the ears. Delicious tastes stop
up the mouth with too much flavor. Racing and hunting drive one mad. All
these delights
are harmful to the eyes, ears, mouth, nose, and four limbs. They do no
good to the
senses nor to the arms nor legs. If you care for your senses and limbs,
do not give first
thought to how your ears should listen, or to how your eyes should see,
or to how your
mouth should speak, or to how your arms and legs should move. If you can
control your
senses and bodily parts to conform to the Confucian rule that seeing,
hearing, speaking,
and motion should abide by the principle of decency, you will understand
well enough
what is good for your senses and limbs. But to bring your seeing, hearing, speaking,
and physical movements into conformity with the principle of decency
requires more
than merely to leave them to your body.
This accomplishment depends completely on mind. Seeing, listening, speaking, and
motion are the work of mind. To be sure, your mind-directed vision operates through the
organ of your eyes, your mind-directed speech issues from your mouth,
your mind-
directed movements are put into effect by your four limbs. But each of these functions is
mind-directed. Otherwise, that is, if you had no mind, your senses and
limbs would be
unable to operate. Your mind, moreover, is not a nervous system of flesh
and blood.
If it were that and nothing more, a man after death, while he still kept his flesh and blood,
would continue to see, hear, and speak. I say that mind is the organ
which directs seeing,
listening, speaking, and motion, because mind consists of human
nature, — of heavenly
reason.
Since mind is so constituted, it has its essence, part of which is the virtue of jen.
When the essence of mind — constituted as it is of human nature — works in the eyes
, the function of seeing is operative. When it works in the ears, hearing takes place. When
it works in the mouth, speech occurs. When it works in the limbs,
movement ensues. All
these are the operations of heavenly reason, which works in mind as master of the
physical body. Mind in its essential nature is heavenly reason in the form of decent
manners. This is your true self, controller of your physical body. This
true self knows
self-control even when nobody else is present ; knows caution even when
eavesdropping
is impossible.
Mind is
reason. How can you find reason apart from mind ? How can you find so-called
things outside of the mind ? Suppose we talk about service to your
parents. How can
you find the reason for filial duty in the body of your parents? The
reason for filial duty can
only be found in your own mind. Suppose we discuss the sense of loyalty.
How can you
find the reason for loyalty in the body of the king ? The reason for loyalty can only be
found in your own mind. Or suppose we talk about friendship or the people's ruler. How
can you find the principle of honesty in your friend's body, or the principle of benevolence
in the people's body ? The principles of honesty and benevolence can only be found
in mind. When mind is clear, in the right, and unblinded by selfish
motives, it acts towards
parents in accordance with filial duty, it acts towards the king in
accordance with loyalty,
and it behaves towards friends and people-at-large in accordance with honesty and
benevolence.
Knowing is the spiritual part of reason. Liàng Zhī is what is
intelligent, clear, and distinct
in heavenly reason...
When there is motivation it is known to Liàng Zhī. Regardless of whether motivation is for
good or evil it is known to Liàng Zhī...
Liàng Zhī is your personal criterion. When your will works in a certain direction, Liàng Zhī
knows whether it is inclined toward right or wrong...
Liàng Zhī is as bright as a mirror. Nothing that is reflected in it can escape it.
If you act in conformity with Liàng Zhī, your will is true. Otherwise, your will is
untrue to your conscience... When Liàng Zhī' s dictates are
followed, this means that
there has been no deceiving of Liàng Zhī, and that making true the will has been
achieved.
Lettre à Ch'u Shou-i
Recently I discovered that realization of Liàng Zhī is the true essence
of Confucianism.
Formerly I had hesitations on this point, but after many years of bitter
experience I have
reached the conclusion that Liàng Zhī is that which is
self-sufficient in ourselves.
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