SECTION QI GONG - Pratique du Qi Gong

                   QI GONG 

 

 

 

 

 

 

 

 

TAICHI CHUAN

 

 

 

 

 

 

SECTION SHIATSU - Initiation au Shiatsu

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Hanshan Deqing

 

Hanshan Deqing, 憨山德清 (1546-1623), est un moine bouddhiste éminent de la fin de dynastie Ming, en Chine, particulièrement conscient de l’importance et concerné par la nécessité d’une conciliation entre les trois enseignements, 教, Sān Jiào, chinois à savoir, le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme. Ses annotations et commentaires du Zhuangzi, du Laozi, du Zhong Yong et du Daxué sont notamment très importants (ils montrent en effet que de nombreuses idées de ces deux enseignements d’origine chinoise sont similaires à celles de la pensée bouddhiste) pour l’étude et la compréhension des tentatives de syncrétisme des trois enseignements. Il fut en effet le premier moine à avoir rédigé autant de commentaires des classiques taoïstes et confucéens afin de montrer que de nombreuses idées de ces deux enseignements d’origine chinoise sont similaires à celles de la pensée bouddhiste. 

 

Zhong Yong Zhi Jie - 中庸直指中庸直指中庸直指中庸

 

Ce qu’on entend par Zhong, c’est le fondement complet de la nature intrinsèque de tous les hommes. Cette nature, sur laquelle le Ciel et la Terre se sont fondés et grâce à laquelle les dix mille êtres se transforment, est possédée par les saints et aussi par les hommes ordinaires. Elle est vaste, grande, fine, subtile et unique. C’est ce qu’on entend par l’esprit concentré et unique. Elle est au juste milieu et possède la droiture. Tout provient de la nature. Rien ne peut découler d’autre chose. C’est pourquoi on parle du « milieu ».

 

中者。人人本性之全體也。此性天地以之建立。萬物以之化理。聖凡同稟。
廣大精微。獨一無二。所謂惟精惟一。大中至正。無一物出此性外者。

故云中也。

 

 

Ce qu’on entend par Yong désigne les choses ordinaires. Il s’agit de la mise en pratique de la vertu de la nature. Cela veut dire que la nature est vaste et grande et transforme entièrement l’esprit des dix mille êtres. C’est-à-dire que dans la vie quotidienne et ordinaire de la Voie de l’Homme, il n’existe aucune chose et aucune Loi qui ne découlent de la nature. C’est pourquoi tous les actes de la vie quotidienne sont la manifestation et la démonstration de la mise en pratique complète de la nature. Comme le milieu est ordinaire, les choses ordinaires appartiennent au juste milieu. Cela veut dire qu’en dehors des choses ordinaires, il n’existe aucune autre voie médiane. Cet enseignement fut transmis par Confucius, à Zi Si, lequel la transmit à son tour, en le nommant

« l’Invariable milieu »

 

庸者。平常也。乃性德之用也。謂此廣大之性。全體化作萬物之靈。

即在人道日用平常之間。無一事一法不從性中流出者。故吾人日用行事之間。

皆是性之全體大用顯明昭著處。以全中在庸。即庸全中。非離庸外別有中也。

子思得孔子之心傳。故述其所傳者如此。命其名曰中庸。

 

 

« On nomme nature la vie commandée par le Ciel » veut dire que notre nature, à nous, les hommes, nous appartient intrinsèquement. Nous n’avons pas besoin de la chercher à l’extérieur. Nous la possédons et sommes ainsi en vie. Pourquoi dit-on que la nature innée est la vie innée des êtres ? C’est que la nature innée se manifeste à travers le corps. Depuis sa naissance, l’homme est animé par la vie qui est elle-même animée par la nature innée. La vie et la nature innée ne font qu’un. Lorsqu’on parle de la vie commandée par le Ciel, on désigne en effet la nature innée. C’est pourquoi il est dit : « On nomme nature la vie commandée par le Ciel. »

 

天命之謂性者。言吾人之性。天然屬我。不假外求。而我得之而為命。

謂天然之性。而為天然之命者也。蓋天然之性。賦在形殼之中。

是故人之有生。
與其為主者命。與命為主者性。性命不二。

故但言天命。即是天性也。故曰天命之謂性。

 

 

« On nomme Voie le respect de cette nature » veut dire que puisque les hommes avaient reçu la nature innée et possédaient ainsi la vie, ils naquirent entre le Ciel et la Terre et devinrent l’Homme. Puisqu’ils ont cette nature comme maître de leur corps et de la vie, à partir de leur naissance, qu’ils mangent, respirent, déambulent, se reposent, se plient, pivotent, baissent et lèvent la tête, parlent et agissent, tiennent la cuiller, soulèvent les baguettes, toussent, crachent ou baissent les bras, il n’est aucun de ces geste qui ne soit la mise en pratique de la nature. A fortiori la grande affaire que sont les relations humaines entre le souverain et les sujets, le père et les fils, le mari et la femme et avec les amis, comment pourrait-elle être en dehors de cette nature ?

 

率性之謂道者。謂吾人即稟天然之性而為命。故有生於天地之間而為人。
既以此性為形命之主。是則自有厥生以來。凡有食息起居。折旋俯仰。

動作云為。乃至拈匙舉箸。咳唾掉臂。無一事不是性之作用。

何況君臣父子夫婦朋友。乃人倫之大事。豈又離此性外耶。

 

 

Cette nature est originellement claire et lumineuse, c’est pourquoi on la qualifie de

« brillante ». Elle est pure et sans la moindre souillure, c’est pourquoi on dit qu’elle est raffinée. Elle n’est pas répartie entre les dix mille êtres, c’est pourquoi on dit qu’elle est unique. En elle, il n’existe pas des pensées illusoires, c’est pourquoi on dit qu’elle est extrêmement sincère.

 

        蓋此性本來光光明明。故謂之明。乾乾淨淨無有絲毫雜染。故謂之精。

不與萬物為侶。故謂之一。本來無第二妄念。故謂之至誠。

  ...

 

L’homme de bien (Jūn Zĭ) est celui qui suit la voie. Ce paragraphe a pour but d’enseigner la méthode à l’aide de laquelle on peut suivre la voie et la pratiquer. Autrement dit, il s’agit de l’enseignement. Cette parole est la recette secrète pour accéder à la voie que Zi Si a reçue en personne de Confucius par transmission familiale. Si les adeptes ne connaissent pas cette recette, même s’ils s’efforcent de pratiquer et épuisent toutes les astuces, ils ne suivent pas la voie correcte. Pourquoi donc? C’est que si en franchissant la porte on fait un premier pas dans la mauvaise direction, l’erreur est irrattrapable. Voici pourquoi l’enseignement que donnaient les saints de l’Antiquité est si abscons.

 

君子。乃造道之人。此一節乃教造道做工夫之方法。即此便是教也。

此語乃子思親得孔子家傳入道之秘訣。學人若不知此訣法。縱能做盡工夫。

使盡伎倆。皆非正道。何也。以出門腳跟下一步錯落。則錯到底。

此所以古之聖學難明也。

 

 

Ils disaient tous et toujours que l’état de « ce qu’il n’a point vu » et de « ce qu’il n’a point entendu » était un état ignoré par les hommes et qu’eux seuls le connaissaient. Si on appelle cet état la voie, comment, dans ce cas pourrait-on dire que seul l’état de « ce qu’il n’a point vu » et de « ce qu’il n’a point entendu » appartient à la voie et que l’état de « ce qu’on voit et entend correctement » ne lui appartient pas ? 
De plus, ce qui éprouve la circonspection et la crainte n’est point la nature. L’expression Shigu (c’est pourquoi) sert ici pour continuer à exprimer la pensée du paragraphe précédent et pour expliquer le sens de la phrase : « ne pas s’en distancier ».

 

從來說者。皆言不睹不聞。乃人所不知。己所獨知之地。若如此謂之道。
豈不睹不聞處是道。而正睹正聞便不是道耶。且即有恐懼。便不是性矣。

是故者承上之辭。此乃釋上不可離之意。

 

 

Ce paragraphe montre que la nature véritable se trouve dans notre corps, à nous les hommes. La mise en œuvre et la manifestation de cette nature se font à travers la vue, l’ouïe, les perceptions et la connaissance. S’il est écrit : « ne pas s’en distancier », c’est dire à l’homme de ne pas se distancier de la vue, de l’ouïe, des perceptions et de la connaissance pour chercher ailleurs lors de la pratique de la Voie. Cependant, les perceptions et la connaissance ne se produisent qu’une fois que l’homme entre en contact avec les choses. C’est pourquoi on ne peut les utiliser que dans une étroite proximité.

 

原夫性真。處於吾人形殼之中。而所以發用昭彰者。不出見聞知覺四者而已。

所以不可離者。叫人做功夫不可離此見聞知覺別求也。

然知覺必待物之親觸而後現。故其用近而窄。

 

 

Que peut-on faire à travers la vue ? Les yeux arrivent à percevoir le ciel et la terre. Et à travers l’ouïe ? Les oreilles arrivent à entendre les sons des dix directions. Parmi les grandes et éminentes mises en œuvre produites par l’énergie de notre nature, celles qui s’exercent à travers la vue et l’ouïe sont les plus manifestes. C’est la vue et l’ouïe qui font la différence entre la perte et le gain et la distinction entre les saints et les hommes ordinaires. Si l’auteur exprime cette idée, c’est pour dire aux hommes que les pratiques les plus convenables pour eux ne doivent pas s’éloigner de la vue des formes et de l’ouïe des sons.

 

至若發於見者。在眼則能容天地。發於聞者。在耳則能聞十方。

是吾性德廣大高明之用。而發見聞之際者。最為昭著。而得失之機。

聖凡之辨。正在於此。故特揭而示之。

欲令吾人不離見色聞聲處做工夫最親切耳。

 

 

Il dit aussi qu’il faut rester circonspect et craintif vis-à-vis de ce qu’on n’a point vu et n’a point entendu. Cependant, ce qu’on peut voir ce sont les formes et ce qu’on peut entendre ce sont les sons. Au contraire, ce qu’on n’a point vu et n’a point entendu est la nature raffinée et unique. Seule notre nature n’est pas souillée par les formes lorsqu’elle les rencontre et n’est pas brouillée par les sons lorsqu’elle les reflète. Comme elle n’est point perturbée, on dit qu’elle est raffinée. De plus, même les formes et les sons sont une création de notre nature. C’est pourquoi on dit qu’elle est unique. Étant raffinée et unique, elle réside dans les formes et les sons ordinaires et n’est pas influencée par les formes et les sons. C’est pourquoi bien qu’on voie et entende, il existe en nous ce qu’on ne voit ni n’entend. Voilà la Voie médiane mise en œuvre par la vertu de notre nature.

 

且戒慎恐懼乎不睹不聞者。然可睹可聞者色與聲也。

不可睹不可聞者精一之性也。惟其性之遇色而色不能雜。映聲而聲不能雜。

以不能雜。故謂之精。且彼聲色抑乃吾性之化育。故謂之一。惟精惟一。

寓於尋常聲色。而不流於聲色。是則雖見雖聞。而有不見不聞者存焉。

是乃本吾性德全體大用之中庸也。

 

 

Or, les hommes de notre époque perçoivent les formes et entendent les sons dans la vie quotidienne. Ils ne connaissent que les formes et les sons qu’ils peuvent voir et entendre et ignorent la nature véritable qu’ils ne voient ni n’entendent. Voilà le cas où la Voie est manifeste dans ce qu’on voit et ce qu’on entend. Pourtant, les hommes l’utilisent tous les jours sans la connaître. À cause de cette ignorance, ils s’adonnent à la forme et au son, irrévocablement. Dans ce cas, leurs actes quotidiens sont contrôlés par les sentiments. Contrôlés par les sentiments, ils s’éloignent de jour en jour de leur nature véritable. C’est pourquoi il est dit que par nature les hommes sont très semblables, mais que par leurs habitudes ils sont très différents.

 

今夫人者。日用尋常。至於見色聞聲之際。只知有可聞可睹之聲色。

而不知有不可睹不可聞之性真。此所以大道昭昭於見聞之間。

吾人日用而不知。由不知。故流於聲色而不返。流而不返。則日習近於情。

情近而性真日離。故曰性相近。習相遠也。


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